Consumer-generated media : Quand le client devient patron
Tuesday, February 20th, 2007L’écosystème médiatique et publicitaire subit un profond bouleversement : l’émergence irrésistible des supports auto-édités ou alimentés par les lecteurs eux-mêmes qui deviennent à leur tour source d’informations et plateforme de publication. Mais, comme dans toutes les tendances de fond initiées par quelques technogeeks, le business n’a pas tardé à s’en emparer. C’est le consumer-generated media ou l’ensemble des informations publiées spontanément par les consommateurs ou les clients sur une marque ou une entreprise.
Pourquoi est-ce important?
Ces sources sont non seulement créées par les utilisateurs mais aussi et surtout partagées, diffusées, commentées et hiérarchisées par eux : l’effet démultiplicateur du réseau provoque un puissant phénomène de bouche-à-oreille et de prescription. Expériences d’achat ou d’utilisation sont dûment archivées et accessibles à d’autres acheteurs et relais d’opinion. Intelliseek, une des entreprises leaders dans la veille et l’analyse de ces données, estime qu’il y a aujourd’hui plus de 1,5 milliards de commentaires commerciaux enregistrés sur le Web! Et ce nombre augmente de 30% tous les ans. L’estocade est donnée par Pew Internet & American Life Project qui affirme que 44% des e-consommateurs ont créé du contenu en ligne…
Mais ce qui le distingue du marketing viral, c’est qu’il s’adresse à un cercle beaucoup plus large que les seuls membres d’une communauté d’intérêt. Il faut clairement distinguer les « speakers », c’est-à-dire les créateurs d’opinions des « seekers », les prospects en recherche d’informations sans lien particulier avec les précédents, qu’un ciblage publicitaire adéquat pourra canaliser efficacement.
S’agissant de sa nature virale, certaines statistiques parlent d’elles-mêmes. D’après une étude Harris de 2005, 85% des répondants assurent que la communication liée au bouche-à-oreille est crédible, pour seulement 70% qui en jugent autant des RP et de la publicité. eMarketer annonce quant à lui que 65% des consommateurs font confiance aux recommandations de leurs relations contre 27% à celles d’experts reconnus. Enfin, Burson-Marsteller affirme qu’un influenceur Internet va diffuser un message positif à 11 personnes alors qu’un message négatif sera relayé vers 17 personnes en moyenne.
Quels sont les facteurs clés qui ont permis l’émergence d’une telle puissance?
La technologie a donné la parole aux consommateurs grâce aux outils d’auto-publication et aux messageries en tous genres. Tous ces supports sont désormais reliés à un réseau global où les moteurs de recherche jouent le rôle de porte d’entrée : les messages publicitaires formatés sont désormais confrontés à une nébuleuse de clients qui exposent leur propre vérité.
A partir de ce constat parfois accablant, le contrat de confiance entre marques et consommateurs a fait long feu en permettant l’alternative d’une véritable relation de client à client. Aux slogans unilatéraux martelés depuis des décennies, les consommateurs préfèrent désormais s’inspirer de l’expérience d’achat d’autrui pour analyser besoins et produits. Une étude d’Intelliseek a montré que ce type de recommandations est perçu de manière beaucoup plus fiable que les formes classiques de promotion, y compris la presse, la radio et la télévision.
Enfin, l’Internet a la mémoire longue. La trace numérique permanente autorise les comparaisons et met en exergue les contradictions. Cette traçabilité permet également de mesurer le réel impact du bouche-à-oreille et de la prescription. Des services comme BlogPulse permettent aujourd’hui de modéliser la valeur marketing de toutes ces conversations.
Source : http://www.culture-buzz.com/